À Delmas, ce dimanche 9 août, la question des violences sexuelles a quitté le cadre des témoignages individuels pour devenir une interpellation publique. De Delmas 60 à Delmas 83, la Fondation Toya a mobilisé des citoyens autour d’un message simple mais lourd de sens : « Pa fè komsi w pa wè ».
La marche a réuni des personnes de différentes générations et de plusieurs milieux sociaux, venues exprimer leur solidarité avec les survivantes et survivants de violences sexuelles. Mais derrière les pancartes et les slogans, la mobilisation portait surtout sur une réalité qui persiste : trop souvent, les violences subies par les femmes et les filles sont minimisées, passées sous silence ou considérées comme des affaires privées. Pour la Fondation Toya, le problème ne concerne donc pas uniquement les victimes et leurs agresseurs. Il interpelle toute la société. Lorsqu’une victime ne trouve ni écoute, ni protection, ni justice, le silence de l’entourage et les faiblesses des institutions contribuent à maintenir un environnement favorable à la répétition des abus.
Le slogan choisi pour cette mobilisation prend ainsi une dimension particulière. « Pa fè komsi w pa wè » invite chacun à reconnaître ce qui se passe autour de lui et à ne plus détourner le regard devant les violences basées sur le genre. Familles, communautés, institutions publiques et organisations de la société civile sont appelées à rompre avec les comportements qui contribuent à isoler les victimes. La marche rappelle également que dénoncer les violences ne suffit pas. Les survivantes et survivants ont besoin d’un accompagnement médical, psychologique, social et juridique. Ils doivent pouvoir signaler les faits sans craindre les représailles, accéder à la justice et être protégés contre de nouvelles violences.
Dans un contexte marqué par une forte vulnérabilité sociale et sécuritaire, la lutte contre les violences faites aux femmes demeure un défi majeur. Elle nécessite des actions concrètes, une meilleure réponse institutionnelle et une évolution des comportements au sein des familles et des communautés. À travers cette marche, la Fondation Toya a donc voulu transformer l’indignation en mobilisation. Son message s’adresse autant aux autorités qu’aux citoyens : voir, entendre et savoir ne peuvent plus être suivis de l’indifférence. Face aux violences sexuelles, le refus de regarder ailleurs constitue déjà une première forme d’engagement.
