Les Grenadiers ont frappé fort. Haïti s’est imposé 4-1 face à la République dominicaine ce jeudi, dans le cadre de la Ligue des Nations de la Concacaf, au terme d’une rencontre qui confirme une nouvelle fois l’ascendant de la sélection haïtienne dans cette opposition.

    Le score est lourd et le bilan historique l’est encore davantage. En 17 confrontations, Haïti compte désormais 14 victoires, contre une victoire dominicaine et deux matchs nuls. Les Grenadiers ont donc remporté 82,4 % des rencontres disputées entre les deux sélections. La République dominicaine ne compte qu’un succès, soit 5,9 % du total, tandis que les deux nuls représentent 11,8 %.

    Le 4-1 de ce soir vient renforcer cette tendance avec une différence claire : Haïti a marqué quatre fois et n’a concédé qu’un but. Une performance qui permet aux Grenadiers de s’installer une nouvelle fois du côté du vainqueur dans une rivalité où les statistiques parlent depuis longtemps en leur faveur.

    Cette confrontation avait pourtant tout d’un rendez-vous particulier. La proximité entre les deux pays donne à chaque duel une dimension différente. Ils partagent la même île, une frontière terrestre et une histoire faite de relations humaines, économiques et politiques complexes. Le football devient, dans ce contexte, un autre terrain où les deux nations se retrouvent face à face.

    Et dans ce domaine, Haïti conserve une avance considérable.

    Le chiffre de 14 victoires sur 17 matchs ne relève plus d’une simple série favorable. Il constitue un élément central de l’histoire sportive de cette opposition. Chaque nouvelle rencontre peut modifier les statistiques, mais la tendance générale reste nettement favorable aux Grenadiers.

    Le résultat de ce soir prend aussi une résonance particulière dans la mémoire haïtienne en raison de l’histoire qui lie les deux peuples. 1937 demeure une date douloureuse, associée au massacre de milliers d’Haïtiens et de Dominicains d’origine haïtienne sous le régime de Rafael Trujillo. Le massacre du Persil reste profondément inscrit dans la mémoire collective haïtienne.

    Cette mémoire appartient à l’Histoire. Le match, lui, appartient au présent.

    Et dans le présent, les Grenadiers ont parlé avec leurs armes sportives : le ballon, les buts et l’efficacité.

    Le 4-1 permet surtout de replacer la sélection haïtienne dans une dynamique sportive positive. Une victoire avec trois buts d’écart face à un adversaire régional constitue un résultat significatif dans une compétition comme la Ligue des Nations de la Concacaf, où chaque rencontre participe à la construction du parcours international d’une sélection.

    Pour les joueurs haïtiens, ce genre de résultat représente aussi une occasion de renforcer la confiance autour du groupe. Pour les supporters, il offre une soirée de satisfaction et un nouveau souvenir à associer au maillot national.

    Le football ne règle pas les problèmes d’un pays. Il ne peut pas effacer une histoire douloureuse. Mais il peut créer ces rares moments où une population se retrouve autour d’un même résultat, d’un même maillot et d’un même sentiment de fierté.

    Ce soir, les Grenadiers ont donné quatre raisons de célébrer.

    Haïti 4, République dominicaine 1.

    Un nouveau succès dans une rivalité ancienne. Un nouveau chiffre dans les archives. Une nouvelle démonstration de l’ascendant haïtien dans cette confrontation. Et surtout, un message venu du terrain : les Grenadiers continuent d’écrire leur propre histoire, match après match.

    Jameson Joseph est un journaliste économique, activiste social et coach en développement personnel. Doublé d’un chapeau d’entrepreneur, il a également des connaissances en sciences juridiques.