En quête de ressources pour faire face à la crise sécuritaire et économique, le gouvernement haïtien sollicite un soutien accru des partenaires financiers internationaux. En marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, qui se déroulent à Bangkok, en Thaïlande, du 12 au 18 octobre, le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, a plaidé pour une mobilisation renforcée des financements en faveur de la stabilisation et du redressement d’Haïti.
À la tête d’une délégation haïtienne, le ministre a rencontré plusieurs responsables du FMI, de la Banque mondiale et du Département du Trésor américain, ainsi que son homologue brésilien et des représentants d’autres institutions financières internationales. Ces échanges ont notamment porté sur les priorités du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, les besoins humanitaires et les difficultés économiques. Au cours de ces rencontres, Serge Gabriel Collin a mis en avant les efforts des autorités haïtiennes pour rétablir la sécurité, renforcer les programmes de protection sociale et préserver la stabilité macroéconomique. Il a notamment souligné la nécessité de soutenir les personnes déplacées par les violences et les populations confrontées à l’insécurité alimentaire.
Le ministre a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes prévues dans le cadre du programme de référence (SMP) conclu avec le FMI. Ces réformes portent notamment sur l’amélioration de la gouvernance économique, la transparence dans la gestion des finances publiques, la consolidation du cadre macroéconomique et le renforcement des mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux. Face à l’ampleur des besoins du pays, le titulaire du ministère de l’Économie et des Finances a appelé les partenaires techniques et financiers à accélérer les décaissements et l’exécution des projets financés sur ressources extérieures. Il a également plaidé pour un meilleur alignement de l’aide internationale sur les priorités nationales, afin de produire des résultats concrets dans des délais compatibles avec l’urgence de la situation.
Parmi les dossiers défendus par la délégation haïtienne figure le projet énergétique des Cayes, dans le département du Sud. Le ministre a plaidé pour la mobilisation d’un financement estimé à 30 millions de dollars américains afin de soutenir cette initiative, qui prévoit notamment une participation du secteur privé. Le projet vise à améliorer l’approvisionnement en électricité, à renforcer la compétitivité des entreprises et à soutenir la relance économique du Grand Sud. Dans cette perspective, Serge Gabriel Collin a évoqué le rôle potentiel de la Société financière internationale (SFI/IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, dans la structuration du projet et la mobilisation de capitaux privés, en complément des financements publics et concessionnels.
Les discussions ont également porté sur le financement des programmes sociaux et le soutien aux efforts de rétablissement de la sécurité. Pour les autorités haïtiennes, ces deux axes sont essentiels à la stabilisation du pays, à la reprise des activités économiques et sociales et à la création des conditions nécessaires à l’organisation d’élections générales crédibles. Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les institutions nationales et les partenaires internationaux, afin d’accroître l’efficacité de l’aide extérieure et de renforcer la maîtrise nationale des interventions. Il a rappelé l’appel lancé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lors de sa visite à Washington, en avril 2026, en faveur d’un meilleur alignement des financements internationaux sur les priorités définies par le gouvernement.
Le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Ronald Gabriel, ainsi que des cadres de l’institution, ont également accompagné le ministre lors de certaines rencontres. À travers cette participation aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le gouvernement haïtien cherche à obtenir des appuis supplémentaires pour financer ses priorités économiques et sociales. Reste à savoir dans quelle mesure ces démarches se traduiront par des engagements financiers concrets et des décaissements capables de répondre aux urgences du pays.
