Dans la commune de Terrier-Rouge, dans le Nord-Est d’Haïti, le Village Oasis s’impose comme une réalisation concrète en matière d’habitat social. Implanté sur une superficie de 283 000 m², le site regroupe 242 maisons construites dans le cadre d’un partenariat entre la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et l’organisation Food for the Poor (FFP), pour un investissement global dépassant 3,5 millions de dollars américains.
Le financement du projet s’inscrit dans le programme de Soutien au Plan d’Intervention dans le Secteur de l’Habitat (SPISH). La BID a assuré environ 75 % du budget, soit près de 2,6 millions de dollars, tandis que FFP a contribué à hauteur de 25 %, soit environ 875 000 dollars. La construction s’est étalée sur deux ans, avec des infrastructures conçues selon des normes parasismiques et anticycloniques.
Chaque unité de logement couvre une superficie de 42 m². Les maisons comprennent un espace de séjour, deux chambres, une cuisine, une salle d’eau et une galerie. Le projet intègre un dispositif énergétique basé sur des panneaux solaires installés sur chaque toit, garantissant un accès continu à l’électricité. L’alimentation en eau est assurée par un réservoir central, destiné à couvrir les besoins de l’ensemble des résidents.
Le modèle économique adopté repose sur un mécanisme d’accession progressive à la propriété. Les familles bénéficiaires versent une contribution mensuelle de 2 000 gourdes pendant une période de cinq ans. À l’issue de cet engagement, elles deviennent propriétaires de leur logement.
Le Village Oasis intègre également des équipements collectifs. Des espaces sportifs, dont un terrain de football et un terrain de basketball, sont accessibles aux habitants. Un service de voirie est chargé de l’entretien et de l’assainissement, avec pour objectif de maintenir un cadre de vie stable et organisé.
La gouvernance du site repose sur un comité de gestion chargé de superviser les opérations courantes. Cette structure permet aux résidents de participer aux décisions liées à la vie du village, notamment en matière de gestion des ressources et d’entretien des infrastructures.
Des témoignages recueillis sur place mettent en avant les conditions de vie offertes par le site. Roselord Joseph, résidente depuis plusieurs années, évoque un environnement marqué par le calme, l’organisation et un meilleur sentiment de sécurité.
Au-delà de sa fonction sociale, le Village Oasis renvoie une image souvent absente des récits dominants sur le pays. Il met en évidence l’existence d’espaces organisés, fonctionnels et accueillants en Haïti. Ce type de réalisation rappelle que certaines zones du territoire offrent des conditions propices à la vie, à l’investissement et à la découverte, loin des perceptions réductrices.
Le Village Oasis constitue ainsi une expérience structurée d’aménagement social, combinant accès au logement, services de base et implication communautaire, tout en participant à une mise en valeur plus équilibrée des réalités haïtiennes.
