La Police nationale d’Haïti (PNH) poursuit son offensive contre les groupes armés à travers une série d’opérations ciblées menées dans plusieurs zones sensibles du pays. Le jeudi 28 mai 2026, des unités spécialisées, appuyées par la Task Force, ont frappé au cœur de Bel-Air, l’un des territoires longtemps considérés comme stratégiques pour la coalition criminelle « Viv Ansanm ».

Selon un communiqué de la Direction de la communication de la Police (DICOP), les forces de l’ordre ont investi la résidence présumée d’un individu identifié sous le nom de Jamesley, présenté comme un membre actif de cette coalition armée. L’intervention a permis la saisie d’un important arsenal comprenant plusieurs armes automatiques, des munitions ainsi que divers équipements utilisés par les groupes criminels.

Cette opération marque une nouvelle étape dans la stratégie adoptée par les autorités policières, qui cherchent désormais à affaiblir les capacités logistiques des gangs en ciblant leurs bases et leurs réseaux d’approvisionnement. Bel-Air, autrefois dominé par le chef de gang Kempes Sanon, demeure depuis plusieurs années un point névralgique de l’insécurité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

À travers cette démonstration de force, la PNH entend envoyer un signal clair aux groupes armés qui continuent d’étendre leur influence dans plusieurs quartiers de la capitale. Les autorités affirment vouloir reprendre progressivement le contrôle des territoires occupés et restaurer l’autorité de l’État dans les zones les plus affectées par la violence.

Cette intervention survient dans un contexte d’intensification des opérations policières à travers le pays. Moins de vingt-quatre heures auparavant, les forces de sécurité avaient déjà mené une autre opération d’envergure à L’Estère, dans le département de l’Artibonite, contre le gang « Kokorat San Ras ». La résidence de Bendjy, présenté comme le chef de ce groupe armé, avait alors été prise pour cible.

Les autorités policières multiplient ainsi les offensives simultanées afin de réduire la capacité de nuisance des gangs, accusés d’être responsables de nombreuses attaques armées, d’enlèvements, d’assassinats et d’actes de terreur contre la population civile.

Face à une insécurité persistante qui fragilise profondément le quotidien des citoyens, ces interventions visent également à rassurer la population et à démontrer la volonté des autorités de reprendre le contrôle des zones dominées par les groupes criminels.

Junior Pierre est journaliste, étudiant en Relations internationales et en Sciences juridiques. Il est également présentateur de nouvelles à la Radio.