L’enquête autour de l’assassinat du président Jovenel Moïse continue de provoquer des remous au sein des institutions judiciaires et des organisations de défense des droits humains. Cette fois, c’est le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) qui monte au créneau après avoir appris que le juge instructeur Denis Cyprien envisagerait de procéder à une perquisition des locaux de l’organisation, ainsi que de la résidence privée de son directeur exécutif, Pierre Espérance.
Une démarche que l’organisation qualifie d’inquiétante et qu’elle considère comme un signal préoccupant dans le cadre de cette procédure judiciaire particulièrement sensible. Dans une correspondance adressée au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), le RNDDH exprime ses vives préoccupations face aux agissements du magistrat instructeur et demande aux autorités judiciaires de se pencher sur le comportement du juge chargé du dossier.
L’organisation redoute des dérives susceptibles de compromettre les garanties fondamentales liées au respect des droits et des procédures judiciaires. Sans rejeter la nécessité de faire toute la lumière sur l’assassinat de l’ancien chef de l’État, le RNDDH estime toutefois que les actes posés dans le cadre de l’instruction doivent respecter les principes d’équité, de transparence et d’indépendance de la justice.
Cette nouvelle situation de tension survient dans un dossier déjà marqué par de nombreuses controverses, des accusations croisées et plusieurs rebondissements depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Alors que l’enquête piétine encore sur plusieurs aspects, cette possible perquisition risque d’alimenter davantage les inquiétudes autour de la conduite du dossier et de la confiance envers le système judiciaire haïtien.
