Haïti a pris part, ce mardi, au deuxième Forum d’examen des migrations internationales organisé au siège de l’Organisation des Nations Unies, à New York. Une participation qui s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités haïtiennes de repositionner la question migratoire au cœur de leurs priorités nationales et diplomatiques.

La délégation haïtienne est conduite par la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, accompagnée du ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson. Pendant quatre jours, du 5 au 8 mai, les échanges réunissent États membres et partenaires internationaux autour des défis liés à la gouvernance des migrations à l’échelle mondiale.

Dans ses interventions, la chancelière haïtienne a défendu une approche concertée et multisectorielle face aux dynamiques migratoires, insistant sur la nécessité de mieux coordonner les actions publiques tout en renforçant les mécanismes de coopération internationale. Elle a notamment mis en avant les efforts du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui considère la migration comme une priorité stratégique. Au cœur de son plaidoyer : la protection des citoyens haïtiens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire. « L’objectif est de faire de la migration un choix et non une contrainte », a-t-elle martelé, appelant à des politiques plus humaines et respectueuses des droits fondamentaux.

La ministre a également détaillé plusieurs chantiers engagés par les autorités, notamment en matière d’identification des citoyens, de contrôle des flux migratoires et de sécurisation des frontières. Elle a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de lutter plus efficacement contre les réseaux criminels transnationaux impliqués dans le trafic de migrants et la traite des personnes. Mais au-delà des engagements nationaux, Raina Forbin a lancé un appel appuyé à la communauté internationale. Elle a plaidé pour un soutien accru afin d’accompagner Haïti dans le rétablissement de la sécurité, condition indispensable à la stabilité du pays et à l’organisation d’élections crédibles. Parmi les priorités évoquées figure la mise en œuvre effective de la Force de Répression des Gangs.

Autre point soulevé : les conditions de retour des migrants haïtiens. La chancelière a insisté sur la nécessité d’un traitement digne, transparent et conforme aux droits humains pour les ressortissants rapatriés.

En amont de ce rendez-vous international, les autorités haïtiennes avaient déjà amorcé une réflexion nationale. La semaine dernière, un colloque sur la migration s’est tenu à Port-au-Prince, réunissant acteurs publics, privés et partenaires internationaux. À l’issue de cette rencontre, une commission nationale a été mise en place avec pour mission d’élaborer, dans un délai de deux mois, une nouvelle politique migratoire. À travers cette double dynamique, nationale et internationale, le gouvernement haïtien entend poser les bases d’une gouvernance migratoire plus cohérente, plus humaine et mieux adaptée aux réalités du pays.

Junior Pierre est journaliste, étudiant en Relations internationales et en Sciences juridiques. Il est également présentateur de nouvelles à la Radio.