Port-au-Prince, 18 mars 2026 — L’exécutif haïtien affiche une ligne claire : restaurer l’autorité de l’État par la force, tout en ouvrant des voies de réinsertion pour les jeunes enrôlés dans les groupes armés. Une stratégie à double volet assumée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui a présidé ce mercredi une réunion stratégique à la Primature avec la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) et plusieurs partenaires internationaux.

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’intensification des opérations sécuritaires visant à reprendre le contrôle des zones occupées par des gangs. Le gouvernement entend désormais renforcer cette offensive par une approche plus globale, combinant répression judiciaire et politiques de réintégration sociale.

Le chef du gouvernement a été sans équivoque : l’enrôlement de jeunes dans les groupes armés constitue une menace grave pour l’ordre public et l’avenir du pays. Il a insisté sur la nécessité de briser ce cycle, tout en reconnaissant la responsabilité de l’État dans la mise en place d’alternatives crédibles pour les populations les plus vulnérables, notamment les enfants, les adolescentes et les femmes.

Dans cette optique, les autorités veulent structurer des programmes de réinsertion encadrés, fondés sur une évaluation rigoureuse des profils. Objectif : offrir des perspectives socio-économiques tout en maintenant une ligne ferme face à la criminalité.

Le Premier ministre, également président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), a tenu à préciser que cette politique ne saurait être interprétée comme un signe de faiblesse. « La justice restera pleinement mobilisée pour traquer et sanctionner les criminels », a-t-il martelé, annonçant des instructions claires au ministre de la Justice, Me Patrick Pélissier, pour intensifier la lutte contre l’insécurité.

Parmi les mesures envisagées figure le déploiement de pôles judiciaires sur le territoire national, destinés à renforcer l’efficacité des poursuites et l’application de la loi.

En parallèle, un mécanisme de coordination stratégique sera mis en place afin d’harmoniser les actions de l’État et de ses partenaires. La présidente de la CNDDR, Guerda Prévilon, a été chargée de piloter ce dispositif, qui prévoit notamment la création de centres d’accueil sécurisés, des programmes de formation et des initiatives d’accompagnement socio-économique.

Les partenaires internationaux — dont les Nations Unies, l’OIM, l’UNICEF, l’Union européenne, le PNUD et l’UNESCO — ont salué cette orientation et réaffirmé leur engagement à soutenir les efforts du gouvernement, dans le respect de la souveraineté nationale.

À travers cette démarche, les autorités haïtiennes veulent envoyer un signal fort : la reconquête du territoire passera par la fermeté, mais aussi par la reconstruction sociale. Une équation délicate, au cœur des enjeux de stabilité du pays.

La Rédaction

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