Cette mesure de la FIFA, qui frise le déni de mémoire en interdisant aux Grenadiers d’entrer sur le terrain de la Coupe du monde avec un t-shirt arborant un motif lié à la bataille de Vertières, hérisse de nombreux compatriotes haïtiens.

Au-delà d’un simple équipement sportif, ce vêtement constituait un puissant symbole. Le porter revenait à faire résonner un message puisé dans notre mémoire collective, un hommage sincère aux héros et héroïnes qui se sont battus pour faire de ce bout de terre un espace de liberté.

Vertières n’est ni un slogan commercial ni un message politique de circonstance, clament certains avec amertume en réaction à ce qu’ils considèrent comme une offense de la FIFA. Vertières est une page fondamentale de l’histoire d’Haïti, un héritage qui transcende les générations et continue d’inspirer le courage, la résistance et la dignité.

Pourquoi n’aurions-nous pas droit à cette évocation historique, alors que de grandes puissances économiques et footballistiques européennes mettent en avant leurs symboles nationaux, leurs emblèmes et parfois même leurs animaux totémiques afin de nourrir leur imaginaire collectif et leur force identitaire ?

Voir ce symbole écarté d’un terrain de football international donne l’impression qu’une partie de notre identité est reléguée au second plan.

Alors que de nombreuses nations mettent en valeur leur histoire, leur culture et leurs héros à travers leurs couleurs et leurs symboles sportifs, il est difficile de comprendre pourquoi l’évocation de Vertières ne pourrait pas trouver sa place sur le maillot de nos représentants.

Cette décision suscite incompréhension et déception chez tous ceux qui voient dans le football bien plus qu’un sport : un espace d’expression de la fierté nationale, de la mémoire collective et de l’attachement à l’histoire.

"Tom" Kensley Marcel est journaliste depuis 2009. Il a déja fait le tour des différents canaux de la presse, en tant que Reporter-présentateur-rédacteur. Il est historien de l’Art.